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Un cimetiere hors les murs par mesure de salubrite publique

Inauguré en Juillet 1787, hors les murs de Reims, le cimetière du Nord est né d’un projet pour la santé des citoyens. A l’origine le Dr Jean-Baptiste Caqué qui y repose depuis 1805.

Dans un très sérieux rapport de la faculté de médecine, le Dr Jean-Baptiste Caqué, médecin, lançait en 1786 un cri d’alarme sur la façon dont étaient enterré les morts à l’ Hôtel-Dieu, empilés dans des fosses, les uns sur les
autres, à peine recouverts de trois à quatre pouces de terre.
Persuadés qu’en raison d’un amas considérable de corps en putréfaction, « les odeurs pestilentielles, les émanations cadavériques, les gaz alcalins volatiles, malfaisants et meurtriers faisaient courir de graves risques d’épidémie », il a l’idée de proposer de créer un cimetière hors les murs de la ville pour y enterrer les cadavres séparément dans des fosses particulières à 5 pouces sous terre.

L’hôtel-Dieu possédait justement quelques arpents de terre entre la porte Cérès et la Porte Mars, « au vent du Nord-est de la ville qui purifie l’air. » La décision est prise en mai 1786. Le devis est si élevé pour aménager le site entouré d’un mur: 13 255 livres, que l’idée d’une souscription est lancée avec l’autorisation de l’archevêque et des conseillers de la ville.

Commencés en août 1786, les travaux sont terminés à la mi-1787. Il serait déjà possible d’y enterrer des défunts là durant près de 15 ans sans être obligés de revenir aux anciennes fosses

Inauguration le 8 juillet 1787

C’est à 18 h 30 le 8 juillet 1787 que le cimetière, dont les lourdes grilles jusqu’en 1900 surmontée d’une croix ont été réalisés par le serrurier rémois Lecoq, est officiellement inauguré par l’évêque de Triconie, Mgr Perreau remplaçant Mgr de Talleyrand du Périgord retenu à Paris pour des affaires d’Etat (Seconde assemblée des Notables).
Le même jour est béni un char funèbre qui remplacera le brancard avec porteur (les corbillards ne seront obligatoires qu’en 1879).
Il faudra attendre 22 jours pour voir le chanoine Polonceau procéder aux deux premières inhumations sur le site.
Il s’agit de Pierre Loureau, un homme de 28 ans originaire de l’Yonne et de Marie Coffin (née Herbelot), native de Hourges et décédée à l’âge de 35 ans.
Et le cimetière a vécu, s’est agrandi plusieurs fois accueillant quotidiennement derrière ses murs, jusqu’au 2 avril 1891; date de l’ouverture du Cimetière de l’Est, des anonymes ou de grandes personnalités rémoises.
Puis c’est l’heure des comptes. La souscription a produit la somme de 11.909 livres pour 10 .440 livres de dépenses. Les 1. 469 livres restantes ne suffisent pas à édifier la chapelle en projet estimée à 3 .600 livres.
Grâce à la Société Libre d’Emulation dont faisaient partie les Dr Sutaine et Maillefer, la chapelle allait pouvoir voir le jour un peu plus d’un an plus tard.

Ce cimetière remplacera 10 cimetières de la ville

Le cimetière du Nord remplace ceux des églises de Saint André, Saint Hilaire, Saint André les vieux, Saint Jacques, Sainte Marie Madeleine, Saint Denis, Saint Etienne, Saint Symphorien, Saint Michel et celui de l’Hôtel Dieu.

1823: première concession perpétuelle

Inhumés au début à même la terre sous une dalle ou un socle surmonté d’une croix, ce n’est seulement qu’à partir de juin 1814 que sera réalisé le premier caveau; en avril 1823 autorisée la vente de la première concession
perpétuelle.

photo Aout 1998

Si le souvenir des défunts est exprimé au départ sur les plaques de cuivre ou gravé sur les murs du cimetière avec une indication de la distance de la tombe, les épitaphes sur les pierres tombales vont vite se
développer. A l’excès. A tel point qu’en 1825, avec une nouvelle réglementation sur la vente des concessions apparaît l’obligation de soumettre son projet de monument et le texte des épitaphes à graver.

(Article écrit en août 1998. Ajouts en 2021))

Alain MOYAT

(Sources diverses dont le petit ouvrage sur le cimetière rédigé par Charles Sarrazin)