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Marc Christophe: plus de 20 ans à entretenir les sépultures des militaires

Appelé adolescent à se rendre souvent au cimetière Saint Charles de Sedan, suite au décès de deux de ses soeurs, Marc Christophe choqué de voir autant de tombes de soldats en déshérence, décide avec son frère Michel  de nettoyer ces sépultures. Son métier l’ayant conduit à Reims, c’est au cours d’une visite du cimetière du Nord, qu’il constate le mauvais état des sépultures des deux carrés militaires. Après en avoir informé la ville de Reims, il se propose de le prendre en charge et c’est ainsi que de 2004 à 2017 avec le concours de quelques élèves du lycée Croix Cordier de Tinqueux, dans le cadre de son action: « vois, comprends, agis », il redonne une tombe digne du sacrifice accompli à ces soldats. Atteint d’une cruralgie il y a quatre ans, il a dû arrêter mais tient toujours un livre d’or des soldats de la Grande guerre reposant dans les cimetières communaux. Rencontre

(Photo Marc Christophe) « Il me fallait redonner une belle image à ces tombes, pour moi des reliquaires sacrés, des petits Panthéon, une image digne du sacrifice qu’ils ont accompli.« 

Un devoir de mémoire

« Je n’ai pas passé une partie de ma vie à entretenir les tombes des carrés militaires du cimetière du Nord pour les monuments eux-mêmes mais pour rappeler combien ces hommes enterrés là méritent notre respect. Il me fallait redonner une belle image à ces tombes, pour moi de véritables reliquaires sacrés, des petits Panthéon, une image digne du sacrifice qu’ils ont accompli. Pour rappeler l’homme dans la guerre, le courage du citoyen ordinaire, la fraternité, la solidarité, le respect de l’ennemi. Autant de soldats dont je couche le nom dans un livre d’or des soldats de la Grande Guerre reposant dans les cimetières communaux. » (1)

258 tombes dans les carrés 14 et 35

« Je ne suis intervenu que dans les carrés 14 et 35 , un terrain propriété de la ville de Reims qui abrite 258 tombes à la charge des familles. Il y a une majorité de soldats de 14-18, mais aussi des morts de la Seconde guerre mondiale et d’autres conflits: Algérie, Maroc, Indochine.  » (2)

Pendant plus de vingt ans, Marc Christophe a d’abord fait des recherches pour retrouver les identités des soldats avant de restaurer les tombes. « il a fallu brosser toutes les tombes, les vider de tonnes de terre, remettre des tonnes de tout-venant en couche de fond, placer du géo textile et ensuite poser des tonnes de cailloux blancs. Ensuite il a fallu entretenir l’ensemble (lavage des croix, des cailloux blancs, nettoyer les allées. La ville a fourni les matériaux (tout-venant, cailloux blancs, une partie du géo textile). »

Professeur au lycée Croix Cordier, Marc Christophe a mis en place en 2004 ‘action: « vois, comprends, agis » dans l’établissement pour inculquer aux élèves la valeur de la Fraternité. « Si j’ai eu avec moi quelques lycéens dont certains étaient même des élèves punis le mercredi, c’est seul que j’ai restauré la majorité des tombes. »

Le Souvenir Français a offert les cocardes tricolores pour mettre en valeur les croix latines des tombes.

(1)L’engagement de Marc Christophe n’a pas concerné que le cimetière du Nord de Reims, mais aussi de nombreuses communes: Cormicy, Trigny, Villers-Franqueux, Pouillon, La Neuville en Tourne à Fuy, Villers-Semeuse, Vivier-au-Court etc.

(2) Pour info, Il faut savoir que les carrés 31 et 32, à la charge de l’Etat sont occupés par des soldats dont les corps n’ont pas été rendus aux familles suite à des erreurs dans les noms ou de régiments.

Alain MOYAT

LE CIMETIÈRE DU NORD EN QUELQUES DATES

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Photo AM 2021

1786.-Cette vaste enceinte aux portes de Reims fut désignée en 1786 pour la sépulture commune des habitants de Reims par Jean-Baptiste Caqué, médecin qui y repose depuis le 5 septembre 1805.

1787.-Le 8 juillet le cimetière est béni par Mgr de Tricomie. Il mesure 3 arpents de long et 50 toises de côté. Il y a 200 toises de murailles de 14 pieds de hauteur.

1 arpent = 58,47m. La toise: 1,949m

1814.-Un colonel russe est inhumé par le clergé de Notre-Dame

-Un boulet de canon russe brise la pierre funéraire de Dom Warenflot.

1822.-Inhumation de Louis Amateur Polliart et de sa femme née Marie-Jeanne Joltrais décédés à quelques heures d’intervalle.

1824.-En avril le conseil municipal décide la vente de concessions perpétuelles.

1825.-Arrêté réglementant la vente de concessions perpétuelles et obligation de soumettre les projets de monuments et d’épitaphes à la municipalité.

1830.-En août, la croix de la mission et le crucifix déposés dans la chapelle Sainte Croix.

-Trouvaille de 200 pièces d’or à l’effigie de Pertinax et Albin.

1833.-Selon le principe: « Après la mort l’égalité commence » on mure la porte qui conduisait aux tombes protestantes et israélites. Le portail d’honneur réservé jusque là aux catholiques servira à tous.

– Premier agrandissement du cimetière et découverte de tombeaux de plâtre avec inscriptions.

1835.-En juin découverte d’une sépulture romaine.

1837.-On accorde des concessions temporaires.

1840._Un essaim d’abeilles attaque des personnes qui accompagnaient le corps d’un major de la Garde nationale.

-Réparation de la chapelle

1844.-Le 3 avril inhumation de Jean-Baptiste Drouet d’Erlon

-Le 1 novembre mort subite de la femme d’un bottier de la ville en franchissant la grille du cimetière.

1845.-Adduction d’eau dans le cimetière.

1852.-Sortie d’un réglement général du cimetière.

-Deuxième agrandissement du cimetière.

1869.-28 avril: concession à perpétuité à l’abbé Charlier fondateur de l’orphelinat de Béthléem.

1871.-Février: inhumation de l’abbé Miroy fusillé par les Prussiens à proximité du cimetière

Source: notamment: annales de l’Académie tome 1 pages 345 et 346. Povillon Piérard MSS 1885 fos 209 à 216

(à compléter)

Épitaphes: de la sentimentalité avant toute chose et bonjour les excès!

Au cimetière du Nord, à l’image de son inspiration romantique, avec ses jardins à l’anglaise, ses allées sinueuses richement arborées, les épitaphes gravées parfois sur les pierres blanches aujourd’hui mangées par l’usure du temps et les pluies acides étaient souvent prolixes, interminables, très personnelles.
Faites avant tout pour afficher publiquement SA douleur.

Comme l’exprime le sociologue Philippe Ariès (1): « Le culte des morts est devenu la religion de tous les Français, la grande religion populaire. (..) La mort était un événement public. Ce n’était pas seulement un individu qui disparaissait, mais la société qui était atteinte et qu’il fallait cicatriser. »

Dans « le Courrier de la Champagne »du 1 novembre 1906, un rédacteur rappelait quelques épitaphes relevées au cimetière du Nord par le chroniqueur rémois célèbre pour ses descriptions de rues, quartiers, sa description de la Révolution à Reims avec la destruction des églises: Etienne François Xavier Povillon-Pierrard (1773-1846).

La famille Clément-Cochon perdit deux filles coup sur coup


DEUX CHAGRINS
.-(dans le canton 2): Deux épitaphes de la famille Clément-Cochon, vraiment touchée par le malheur puisqu’ils perdirent deux filles coup sûr coup: Hortense (1814-1828) puis Joséphine-Hortense (1829- 7 mars 1833).

« A Hortense née le 15 août 1814. Décédée le 17 juillet 1828 n’ayant pas 14 ans. Chère Hortense! Notre unique enfant, seul espoir de notre vieillesse, vois ton père et ta mère, désolés, verser des fleurs, sur ta tombe, tu réunissais aux talents qui te distinguaient des enfants de ton âge, l’âme la plus belle, le coeur le plus sensible et une vraie religion.
Depuis six ans, confidente de nos plus grands secrets, tu aimais à dire j’ai tout à ma disposition, tu étais aussi digne de cette confiance que tu en étais fière. Aimable fille!
Nous ne trouvions tous trois de vraie jouissance qu’étant l’un près de l’autre! Sûrs de te plaire nous réservons encore dans cette enceinte deux places à tes côtés pour y reposer après notre mort. En attendant, reçois les regrets amers des malheureux auteurs de tes jours qui auraient tout sacrifié pour te conserver la vie.
Sois persuadée qu’ils viendront souvent te visiter à ta demeure pleins de confiance en Dieu. »

A Joséphine-Hortense décédée le 7 mars 1833. Âgée de 3 ans et 8 mois. Pauvre petite! Dieu pour nous consoler s’est plu à te donner en tout une ressemblance parfaite à notre première Joséphine. Aussi nous pleurerons toujours. »

DIVIN.-Un homme qui pleurait sa belle: « Si les vertus, les qualités, pouvaient sauver des mains la Parque éternelle, ces dons à jamais respectés auraient dé la rendre immortelle. »

Le temps mange la vie… et les pierres tombales


MILITAIRE
.-Pour un lieutenant d’Almaire tué près de Tinqueux à la bataille de Reims en 1814 à l’âge de 18 ans: « Sa mort est le seul chagrin qu’il ait causé à ses parents. »

Autre épitaphe

FAMILLE NOEL-AUGER.-« A la mémoire de Mlle Joséphine Noël‘l décédée le 4 juin 1827 à 7 ans et demi. Elle tomba comme une fleur amèrement pleurée par ses parents dont elle chers délices. Laudate dominum. » »Ici repose Noël‘l, époux de dame Auger décédé le 19 novembre 1849 à 46 ans. Bon époux, bon père, sincère ami, il emporte les regrets de tous ceux qui l’ont connu. Priez pour lui ».

Louis amateur Polliart et son épouse Marie-Jeanne Joltrois sont morts le même jour.

ETONNANT.-Se sont-ils suicidés le même jour?Ont-ils été tout simplement victimes d’un accident? L’histoire ne le dit pas. Toujours est-il que sur la tombe décorée par deux couronnes entrelacées et encadrées par deux cercueils de pierre on peut lire: « A la mémoire de Louis Amateur Polliart mort à l’âge de 42 ans et de Marie-Jeanne Joltrois, son épouse, 38 ans. Ils avaient les mêmes sentiments, les mêmes pensées, le même cœur. Ils moururent le même jour: 9 août 1822.
De profundis.

Un hommage appuyé à messire François Jean-Iréné Ruinart

Sur une plaque de cuivre, à peine lisible, une épitaphe qui vaut le détour aussi.
« A la mémoire de messire François Jean Iréné Ruinart, vicomte de Brimont, ancien négociant, officier de la Légion d’honneur, ancien député du département de la Marne, ancien maire de Reims, membre de l’Académie de la même ville né à Reims le 30 novembre 1770, mort le 6 janvier 1850.
Chef de famille par excellence, il était le lien et le modèle de ses enfants. Tous avaient pour lui un véritable culte. Sujet fidèle, administrateur zélé, chrétien exemplaire, invariable dans ses principes, sévère avec lui-même, indulgent pour les autres. Se distinguait surtout par sa modestie, sa délicatesse et son affabilité.
Son nom était celui de l’honneur, de la bienveillance et de l’équité. Heureux de se rendre utile et de contribuer à la formation de plusieurs établissements de bienfaisance. Jamais on ne recourait en vain à sa générosité. Sa mort seule a découvert le bien qu’il faisait. »

(1)Philippe Ariès: « l’homme devant la mort ».

(Article publié en août 1998)

Alain MOYAT

A la mémoire des artistes et architectes

Au cours de sa visite au cimetière du Nord, le promeneur a de nombreuses fois l’occasion de côtoyer des sépultures d’artistes et d’architectes qui ont contribué à donner à Reims sa renommée. Malheureusement de nombreux bustes qui les surmontaient ont été volés ou … enlevés par la ville par mesure de protection.
Mais jusqu’à quand ? Impossible de dresser de façon exhaustive les tombes, bustes, mausolées, dédiés à la mémoire des artistes inhumés au cimetière du Nord. Alors au détour d’une allée, le visiteur attentif a souvent la surprise de découvrir le nom ou le visage d’un homme, connu: peintre, sculpteur, verrier, chroniqueur qui ont fait les belles heures de Reims.
Verriers.-A tous seigneurs (de l’art), tout honneur. Derrière un feuillage d’églantines sauvages (canton 8), sobre et discrète, une haute stèle de pierre blanche rappelle la mémoire des Simon, peintres-verriers rémois.
Le nom de Pierre Simon: 1614 suivi de nombreux autres Simon dont les prénoms sont parfois identiques inaugure la mémoire d’une famille dont le nom restera toujours lié aux grands verriers de la cathédrale Notre-Dame: la cathédrale de Reims; mais aussi à de superbes peintures.
Le gardien du cimetière pourra d’ailleurs vous faire découvrir dans la chapelle Luzzani un superbe vitrail réalisé par un maître-verrier Simon, de ceux qu’on a longtemps qualifiés de « gardiens des verrières, des rosaces de la cathédrale. »
Peintre.-Il était condamné. Marqué du sceau jaune négligemment tracé au pinceau par les fossoyeurs des concessions arrivées en fin de course. Le buste en pierre de François Levasseur réalisé par Liébart posé au-dessus d’une palette rongée par les moisissures du temps qui passe rappelle la mémoire d’un peintre-photographe né dans la Mayenne en 1808 et décédé en juin 1867.
Miniaturiste, Lié Louis Périn Salbreux (1733-1817) repose aussi au cimetière du Nord.

Autoportrait

Charles Auguste Herbé (1801-1884)professeur de dessin des écoles municipales supérieures et du Lycée de Reims, membre fondateur de l’Académie de Reims, membre de la commission archéologique du département de la Marne il avait aussi présidé la commission des Beaux-Arts devant Louis-Philippe à Paris. Il repose dans le 6e canton.
L’artiste aurait réalisé plusieurs ouvrages sur « Les costumes français », « L’histoire des Beaux-Arts en France par ses monuments », « Les costumes civils et militaires de France. »
Le musée des beaux Arts posséderait deux tableaux signés Herbé: « Mazarin mourant présentant Colbert à Louis XV » et « Les échevins rémois plaidant devant Saint-Louis. »

René Richard Louis Castel.-Poète-Né à Vire en 1757, mort et inhumé à Reims en 1852, René Richard Louis Castel a un remarquable monument élevé dans le canton 2. On peut y lire un extrait du « poème des plantes »:

« C’est lui qui le premier sur le mont poétique à la cour des neuf soeurs mena la botanique »
« Si de mon sang trop froid les débiles esprits
n’osent tenter l’accès des célestes lambris
Je suivrai les ruisseaux: au pied d’un roc sauvage
du rossignol caché j’entendrai le ramage
murmurantes forts, ombrages ravissants,
Vous serez mon amour et l’objet de mes chants. »

Aux bâtisseurs.-Un parchemin, divers outils, deux amphores, la stèle du canton 8 rappelle le souvenir de Nicolas Serrurier, architecte de la ville de Reims qui contribua à réaliser le cimetière du Nord.
Nombreuses sont les autres tombes d’architectes au Nord.
Alphonse Gosset (1).

Alphonse Gosset

Si Pierre-Louis (1802-1875), réalisa de beaux hôtels particuliers Bd Lundy, son fils Alphonse (1835-1914), « esprit novateur resté fidèle aux nobles traditions de la belle architecture «  fut particulièrement créatif. Il a réalisé le théâtre (première mouture) en s’inspirant de l’Opéra Garnier, mais aussi de nombreux bâtiments: l’hôtel de la Chambre de commerce, des châteaux ( Neuflize, Cormontreuil, Rilly-la-Montagne), des églises: Bermericourt, Thil; la mairie de La Neuvillette; des hôtels, des usines de tissage, des maisons de Champagne.
On disait de lui: « C’est un artiste. Il voit tout en beau et veut faire tout en grand, dans la vie privée comme dans la vie publique. Demandez lui le plan d’une chaumière il vous présentera le plan du Louvre. Il laisse aux autres le soin vulgaire de trouver les millions pour régler la dépense. »

Son gendre Max Sainsaulieu, architecte aussi a continué son oeuvre.

Lire aussi : https://reimscimetieredunord.fr/2021/02/21/larchitecte-alphonse-gosset-realise-le-premier-opera-remois/(ouvre un nouvel onglet)

Narcisse Brunette

Hommage à Narcisse Brunette(1808-1895), architecte de la ville de Reims qui a travaillé sur la basilique Saint-Remi, la construction de l’église Saint-Jacques, Saint-Thomas, Saint-Maurice, le temple, les groupes scolaires Courlancy, Anquetil, Carteret, la caserne Colbert, le cirque, le Manège, les Promenades.

Ernest Kalas


Clin œil aussi à Ernest Kalas, architecte décorateur, élève d’Alphonse Gosset à qui l’on doit la reconstruction de l’église de Sillery, Aubenton (Aisne), Maubert-Fontaine (Ardennes).


Il n’était pas architecte, mais ceux qui l’ont pleuré lui ont édifié un étonnant monument, un échafaudage bizarre composé d’une petite chapelle Saint-Sacrement contenant un petit cercueil posé sur une pierre voilée. Il s’agit de la dernière demeure de M.Pol François Schmitt, artiste sculpteur « qui n’eut pas dû mourir.

(1)A noter que le Dr Pol Gosset, érudit, n’est pas en famille avec les Gosset architectes.

Alain MOYAT

(Article publié en août 1998)

D’autres articles à venir

Communauté protestante: de la clandestinité à une difficile reconnaissance

Plaque déposée en mai 1989

En créant des industries textiles, des maisons de champagne, ils ont contribué au développement de Reims. Pourtant, les protestants ont eu bien du mal à s’implanter et même à être inhumés en ville.
Dans une France où, durant longtemps, le catholicisme fut religion d’État, les protestants ont toujours rencontré bien des difficultés à s’insérer. Ce qui était vrai pour les vivants l’était aussi pour les morts. Longtemps considérés comme  » hérétiques », ils avaient droit à aussi peu d’égard que les comédiens ou les prostituées, enterrés à la sauvette, souvent de nuit.

Les protestants rémois ont connu tous ces tourments. En 1598, ils ne bénéficièrent même pas des effets de l’Edit de Nantes. Un article secret (IX) instauré comme à Rocroi et à Fismes à l’initiative du clergé « pour préserver la ville du venin de l’hérésie », leur excluait la possibilité d’établir un culte réformé.
Bilan: en 1780, les protestants rémois (fort peu nombreux) n’avaient pas de lieu d’inhumation correct.
Le 5 juin par exemple , Paul Carcenac, négociant en laine et drap, décédé à53 ans, fut enterré à minuit à proximité du jardin de l’Arquebuse.
Il fallut attendre 1787 et un « édit de tolérance » qui reconnaissait un état-civil aux non catholiques pour améliorer les choses.
En 1789, les protestants (4 familles répertoriées à Reims)ont leur propre cimetière hors des remparts,à l’angle de la rue Sainte Marguerite (Eugène Desteuque)et Boulevard Cérès (de la Paix) sur l’actuel emplacement des « Reflets ».

Une précision de François Xavier Guédet-Guépratte

« A la fin des années 1980, la maison située au 4, boulevard de la Paix a été démolie pour la construction de l’immeuble « Les Reflets ». En creusant au niveau de la salle à manger à droite, en entrant, le cadavre d’une femme blonde en bon état de conservation a été découvert. Les anciens propriétaires depuis 1920 ont nié toute implication. Une enquête a été ouverte, il s’est avéré que cet endroit était l’emplacement de l’ancien cimetière protestant de Reims.

Même si les conditions de décès de cette femme blonde n’ont pu être élucidées, cette mort était suffisamment lointaine pour qu’il y ait prescription. Aucune identification précise n’a pu être faite. Finalement, les restes ont été confiés au Pasteur du Temple du boulevard Lundy pour inhumation. Déjà, au début des années 1950 des ossements dans la chaux avaient été découverts u moment de la construction du garage au bout du jardin. A l’époque l’entrepreneur s’était contenté de creuser un trou pour les y enfuir!

Par ailleurs il y a sans doute eu une renumérotation du Boulevard de la Paix, le cimetière se trouvait avant la rue Eugène Desteuque, au numéro 4. »

Chapelles à deux portes

Comme pour les israélites, un emplacement caché par une palissade avait été prévu pour les protestants au moment de l’ouverture du Cimetière du Nord. Mais avec une entrée particulière. Pas question de pénétrer par le portail d’honneur exclusivement réservé aux catholiques. Le problème se compliquait quand une famille comptait parmi ses membres des catholiques et des protestants.

Chapelle Roederer

A tel point qu’on peut encore constater que le caveau Piper-Heidsieck et la chapelle Roederer ont une porte de chaque côté: pour les catholiques canton 18; pour les protestants canton 25…
Mais avec à l’intérieur un seul et même caveau par famille!
En 1833, lors de l’agrandissement du cimetière, selon le principe d’égalité, les portes d’entrée pour les protestants et israélites sont murées. « Les convois de tous les cultes passeront par la porte d’honneur ».
Tout le monde n’est pas d’accord et un scandale a lieu lors du premier enterrement protestant qui suivit (Lire par ailleurs)

Les grandes familles

Tombe Heidsieck-Henriot

Dans le carré protestant, une plaque inaugurée en mai 1989 rappelle qu’ici ont été rassemblés les restes des défunts ensevelis au cimetière protestant situé 6, Boulevard de la Paix, en application de l’Edit de tolérance. »
En fait, en décembre 1852 et 1853, les familles aisées protestantes avaient transféré les restes de leur défunts dans des concessions du cimetière du Nord encore présentes (familles Carcénac, Roy, Heidsieck, Sharffenstein, Walbaum, Roederer etc.

Le 27 décembre 1852 lors de l’exhumation du corps d’Anne Françoise Carcenac veuve Sharffenstein, les fossoyeurs eurent une mauvaise surprise: ils n’ont pas trouvé son corps!

Tombe en granit noir de Suède d’ Hugues Krafft (1853-1935)

A découvrir aussi au cimetière du Nord la tombe en granit noir de Suède sous laquelle repose Hugues Krafft (1853-1935), propriétaire de l’hôtel le Vergeur, fondateur de la Société des Amis du Vieux Reims.

Tombe d’Isaac Holden

Comme le rappelait aussi Jean-Yves Sureau dans le N°3 de « Regards sur notre patrimoine » (1), les monuments (l’un en marbre de Carrare et un autre sur lequel était posé avant d’être enlevé par crainte de vol un buste en bronze d’Isaac Holden et qui ont été élevés aux tisseurs anglais de Bradford, bienfaiteurs de la communauté protestante et de la ville de Reims, sont vides de tout corps.


A remarquer enfin une tombe de granit grise rappelant la mémoire de Jean Lauga : »missionnaire au pays des Bassouttou (Afrique du Sud, 1811- Basses Pyrénées- 1877 Reims ». Sous son épitaphe: « l’éternel j’attendais ton salut, on appréciera celle inscrite en souvenir de Franck Henri Lauga, pasteur de l’église réformée né à Carmel (Afrique du Sud) en 1847, « parti pour l’activité d’en haut! » en janvier 1904: « Vous savez où je vais et vous en savez le chemin. Saint-Jean. « 
(1)Isaac Holden avait fait édifier en 1877 sur des plans de l’architecte rémois Alphonse Gosset le « temple Weislïan » à l’angle de la rue des Moissons et de la rue Houzeau-Muiron dans les dépendances de son usine de peignage de laine.

Alain MOYAT

(Article écrit en août 1998. Ajout en 2021)

Sources diverses dont plusieurs écrits du Rémois Paul Grosjeanne.

4 mai 1833: Scandale au cimetière


Tous les Rémois n’ont pas vu d’un bon œil la suppression de la porte réservée aux protestants. C’est ainsi que le premier enterrement d’un protestant survenu le 4 mai 1853 à 17 heures s’est plutôt mal passé.
Alors que le convoi funèbre s’apprêtait à entrer par la porte d’honneur transportant le corps de Mme Estienne Droinet, née Jonas, une citoyenne britannique née à Heuley en janvier 1804 et décédée le 3 mai 1833 rue du Levant, un adjoint au maire de Reims s’y est fermement opposé. Il considérait encore, comme beaucoup de Rémois, que « cette sépulture hérétique allait sans doute profaner un cimetière destiné aux catholiques ».
Le cortège funèbre fut obligé de passer par une brèche ouverte dans un mur du cimetière!
ce qui avait été vécu par certains comme une provocation pourrait peut-être trouver deux explications:
le mari de Mme Broient avait été connu pour son anticléricalisme,
– le propriétaire de l’ancien cimetière protestant avait refusé de vendre la parcelle à la ville qui voulait en faire… un marché aux bestiaux.

A.M

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Aux fondateurs de la de la communauté israélite

Si les communautés israélites d’Epernay ou de Châlons-en-Champagne ont leur cimetière spécifique, ce n’est pas le cas à Reims. Au cimetière du Nord, un carré leur a été toutefois réservé depuis 1787.

Ni fleurs, ni couronnes sur les tombes.

Prévu sur les plans dès l’ouverture du cimetière du Nord en 1787, mais jusqu’en 1883 (1), accessible seulement comme pour la communauté protestante par une entrée spécifique – l’entrée de la porte d’honneur était réservée aux catholiques!- le carré israélite a subi pas mal de modifications.
A l’époque au fond du cimetière, entouré de barrières en bois vétustes, il a été réaménagé au milieu des années 1970. Des petites allées en cailloux viennent aussi tout dernièrement de l’embellir.

De plus en ans les années 1970, à la suite de la reprise de plusieurs concessions israélites, les ossements exhumés ont été placés sous une stèle baptisée: « Aux fondateurs de la communauté israélite de Reims » (photo AM 2021)


Henri Ejnès, durant de nombreuses années responsable de l’association culturelle israélite de Reims nous a livré d’intéressantes informations.
Plus de cimetière spécifiqueRegroupés au début du XIIe siècle dans d la rue des Gieu (juifs), expulsés en 1306, puis regroupés vers 1355 dans la rue des Elus, les juifs résidant à Reims possédaient à l’époque un cimetière spécifique entre l’actuelle rue de Châlons et la rue de Cernay. Il a disparu.
Et depuis, contrairement à ceux d’Epernay ou de Châlons-en-Champagne, les juifs de la communauté israélite de Reims, officiellement née en 1875; n’ont jamais pu obtenir leur propre cimetière.
« Dans les années 1850-1870, certains avaient fait le forcing auprès du maire Edouard Werlé. Sans succès. Celui-ci aurait répondu: « Pourquoi être enterrés à part? Vous vivez parmi nous, vous mourez parmi nous, vous pouvez être enterrés avec nous. Vous êtes des citoyens comme les autres. »

C’est ainsi que, dans certains cimetières, on peut voir des tombes portant la croix de David, à côté de sépultures catholiques.
« Un problème s’est posé en 1975-1980 avec de nombreuses concessions qui ne pouvaient pas être renouvelées. La mairie nous a appelé pour savoir ce que l’on faisait des ossements exhumés. La communauté s’est réunie. On a décidé d’acheter un espace et tous les ossements ont été regroupés sous une stèle sur laquelle on peut lire: « Aux membres fondateurs de la communauté israélite ».
Deux plaques ont aussi été placées devant le monument: « A la mémoire de Mme Aron Wiener, 1899-1942, victime de la barbarie nazie, morte en déportation ».
Sur l’autre: « A la mémoire de Salomon Baumann et Marcelle, son épouse décédée à Auschwitz en 1943. » Finalement devant la synagogueAu lendemain de la Seconde guerre mondiale, au cours de laquelle leur communauté a payé un lourd tribut dans les camps de concentration, les juifs de Reims ont décidé d’édifier un monument « à la mémoire des leurs assassinés, victimes de la Shoah. »
« Quand nous avons décidé de faire un monument pour les 224 déportés de Reims, nous avons pensé à la construire au Cimetière du Nord » explique Henri Enjès. « Finalement, il s’est avéré plus pratique de l’édifier à proximité de la synagogue. »
Inauguré le 23 octobre 1949, ce monument « aux combattants, résistants, déportés victimes de la barbarie nazie », est encadrée par deux vasques dans lesquelles ont été mises de la terre et des cendres d’Auschwitz rapportées par un lieutenant juif américain.
A noter enfin, d’après M.Enjès que Reims serait la seule ville où, sur le monument de la Résistance, esplanade du colonel Bouchez, figure une plaque avec à côté le nom des déportés juifs.
(1) A partir de cette date, nouvelles acquisitions de terre pour le Cimetière du Nord. On mure la porte qui conduisait aux tombes israélites et protestantes et ne subsiste plus que le portail d’honneur selon le principe: « Après la mort, l’égalité commence. »

(Article écrit le août 1998)

Alain MOYAT

La chapelle à l’originale charpente détruite en 1914 finalement restaurée

Grâce à de généreux donateurs, la chapelle du cimetière a pu être édifiée. Avec une charpente originale construite selon la technique Philibert Delorme. Meurtrie à la guerre 14 elle fut reconstruite.

C’est dans cette chapelle que des gardiens se seraient partagés aux dés les habits de Gonsse de Rougeville, le chevalier à l’oeillet fusillé en 1814

Le corps de l’énigmatique Chevalier de Maison Rouge immortalisé par l’écrivain picard Alexandre Damas et fusillé dans le cimetière du Nord y a été déposé en 1814. Le corps de deux prêtres y sont également enterrés. La chapelle du cimetière du Nord placée sous l’invocation de Sainte-Croix, trop rarement ouverte et cachée par les ifs, mérite le détour.
Construite grâce à un reliquat de la souscription lancée pour faire le cimetière auquel les 1778 adhérents de la Société Libre Emulation ont rajouté un beau complément, la chapelle décidée en août 1787 a été bénie sous l’invocation de Sainte croix le vendredi 7 août 1789 par le chanoine Bergeat, dernier vicaire du Chapitre et premier conservateur du musée de Reims. En pleine Révolution.

Son coup a été estimé à 3.600 livres.

D’inspiration italienne

Le bâtiment éclairé par un oculus possédait avant 1914 une coupole de 7, 75 m

C’est en s’inspirant dit-on du péristyle d’un monument de Poestum (Italie)que l’architecte de la ville de Reims Nicolas Serrurier a réalisé les plans de la petite chapelle aux murs épais, devancée par un péristyle large de 4,80m pour 2, 15m de profondeur et soutenue par quatre colonnes doriques de 3,15m de hauteur, sans base, mais surmonté par un petit fronton triangulaire.
Critiqué par certains le bâtiment est toutefois remarquable. Non pas par son bénitier de marbre en forme de coquille, ni par sa décoration qui est insignifiante: sur les murs badigeonnés de jaune une peinture imitait des joints de pierre de taille, de la peinture noire et argent encore pour imiter le marbre ou simuler des draperies funéraires. Le petit autel posé sur du marbre noir avait la forme d’un tombeau. Le sol du sanctuaire toujours carrelé de damiers noirs et blancs était autrefois fermé par une barrière de bois à pans coupés.
Le bâtiment éclairé par un oculus possédait avant 1914 une coupole de 7, 75 m de diamètre dont la charpente avait été construite selon la technique de Philibert Delorme. Sans rentrer dans les détails, on retiendra que cet homme génial, afin de faire face à une pénurie de bois en 1581, avait remplacé les grandes et grosses pièces de bois habituellement utilisées pour faire des charpentes par des pièces courbes formées de nombreux morceaux de bois de faible épaisseur et de petite dimension. « Des pièces moisées à l’aide de chevilles de bois en chevauchant les joints. Les cerces étant reliées par des liens tenus par des clavettes. «  La technique avait été remise au goût du jour par Legrand et Molinas.
Le toit de la chapelle était recouvert d’ardoises, l’intérieur recouvert d’un enduit plâtré sur lattes.
Chaque année le 8 juillet une messe était dite pour les fidèles inhumés dans cette chapelle. A partir de 1789, des messes de requiem étaient dites en la chapelle le jour et le lendemain de la Toussaint. Le vicaire de la cathédrale y célébrait une messe basse le dimanche matin.
En 1819, André Nicolas Savart, curé de Saint-Pierre-Le-Viel, curé de Notre-Dame y est enterré. Détruite durant la guerre de 1914-1918, la chapelle fut restaurée en 1922 à l’identique « avec le dôme monté en deux parties au sol et sa charpente restituée dans la silhouette et la technique d’origine ».
La technique Delorme inspira d’ailleurs l’architecte Henri Deneux qui eut l’idée pour réaliser l’église Saint-Jacques et les bas-côtés de la cathédrale Notre-Dame de remplacer les petites pièces de bois assemblées par clavettes par un assemblage de planche en ciment de section uniforme de 20 centimètres sur 4. (1)

Des inscriptions sur le mur de la chapelle

Plusieurs inscriptions sur le mur de la chapelle Sainte-Croix:

« A 30 pieds d’ici repose le corps de sainte Catherine Muzart, supérieure de la communauté de l’hôpital de Sainte-Marcould décédée le 9 janvier 1813, dans la 96e année de son âge ayant passé 77 ans au service dudit hôpital .Ses filles en pleurs ont fait posé cette épitaphe à la mémoire de leur mère et leur modèle. « Resquiat in pace. »
-A la mémoire de M.Pierre Didier Pierrard grand chantre de l’église métropolitaine de Reims et membre du conseil de la fabrique décédé le 16 juin 1883 dans sa 71 e année.
-Ci-gît Marie Elisabeth Vouet veuve de M.Muiron, négociant âge de 89 ans décédée le 26 janvier 1802. Priez Dieu pour le repos de son âme .
-Ci-gît BEV Mailfait prêtre chanoine titulaire et ancien curé de la paroisse Sainte-Maurice décédé le 20 mars 1832 dans sa 64 e année. « De profundis. »
-Ci-gît Jacques Nicolas Delaunnois, prêtre, chanoine honoraire de l’église métropolitaine de Rheims ancien chapelain de l’hôpital Saint-Marcoult décédé le 26 janvier 1830 âgé de 80 ans.

(1)Des fragments de la charpente dite à la Philibert Delorme seraient conservés par les Monuments historiques. (Mais Dieu sait où…)

Alain MOYAT

(Article écrit en 1998. Rajouts en 2021)

Un cimetiere hors les murs par mesure de salubrite publique

Inauguré en Juillet 1787, hors les murs de Reims, le cimetière du Nord est né d’un projet pour la santé des citoyens. A l’origine le Dr Jean-Baptiste Caqué qui y repose depuis 1805.

Dans un très sérieux rapport de la faculté de médecine, le Dr Jean-Baptiste Caqué, médecin, lançait en 1786 un cri d’alarme sur la façon dont étaient enterré les morts à l’ Hôtel-Dieu, empilés dans des fosses, les uns sur les
autres, à peine recouverts de trois à quatre pouces de terre.
Persuadés qu’en raison d’un amas considérable de corps en putréfaction, « les odeurs pestilentielles, les émanations cadavériques, les gaz alcalins volatiles, malfaisants et meurtriers faisaient courir de graves risques d’épidémie », il a l’idée de proposer de créer un cimetière hors les murs de la ville pour y enterrer les cadavres séparément dans des fosses particulières à 5 pouces sous terre.

L’hôtel-Dieu possédait justement quelques arpents de terre entre la porte Cérès et la Porte Mars, « au vent du Nord-est de la ville qui purifie l’air. » La décision est prise en mai 1786. Le devis est si élevé pour aménager le site entouré d’un mur: 13 255 livres, que l’idée d’une souscription est lancée avec l’autorisation de l’archevêque et des conseillers de la ville.

Commencés en août 1786, les travaux sont terminés à la mi-1787. Il serait déjà possible d’y enterrer des défunts là durant près de 15 ans sans être obligés de revenir aux anciennes fosses

Inauguration le 8 juillet 1787

C’est à 18 h 30 le 8 juillet 1787 que le cimetière, dont les lourdes grilles jusqu’en 1900 surmontée d’une croix ont été réalisés par le serrurier rémois Lecoq, est officiellement inauguré par l’évêque de Triconie, Mgr Perreau remplaçant Mgr de Talleyrand du Périgord retenu à Paris pour des affaires d’Etat (Seconde assemblée des Notables).
Le même jour est béni un char funèbre qui remplacera le brancard avec porteur (les corbillards ne seront obligatoires qu’en 1879).
Il faudra attendre 22 jours pour voir le chanoine Polonceau procéder aux deux premières inhumations sur le site.
Il s’agit de Pierre Loureau, un homme de 28 ans originaire de l’Yonne et de Marie Coffin (née Herbelot), native de Hourges et décédée à l’âge de 35 ans.
Et le cimetière a vécu, s’est agrandi plusieurs fois accueillant quotidiennement derrière ses murs, jusqu’au 2 avril 1891; date de l’ouverture du Cimetière de l’Est, des anonymes ou de grandes personnalités rémoises.
Puis c’est l’heure des comptes. La souscription a produit la somme de 11.909 livres pour 10 .440 livres de dépenses. Les 1. 469 livres restantes ne suffisent pas à édifier la chapelle en projet estimée à 3 .600 livres.
Grâce à la Société Libre d’Emulation dont faisaient partie les Dr Sutaine et Maillefer, la chapelle allait pouvoir voir le jour un peu plus d’un an plus tard.

Ce cimetière remplacera 10 cimetières de la ville

Le cimetière du Nord remplace ceux des églises de Saint André, Saint Hilaire, Saint André les vieux, Saint Jacques, Sainte Marie Madeleine, Saint Denis, Saint Etienne, Saint Symphorien, Saint Michel et celui de l’Hôtel Dieu.

1823: première concession perpétuelle

Inhumés au début à même la terre sous une dalle ou un socle surmonté d’une croix, ce n’est seulement qu’à partir de juin 1814 que sera réalisé le premier caveau; en avril 1823 autorisée la vente de la première concession
perpétuelle.

photo Aout 1998

Si le souvenir des défunts est exprimé au départ sur les plaques de cuivre ou gravé sur les murs du cimetière avec une indication de la distance de la tombe, les épitaphes sur les pierres tombales vont vite se
développer. A l’excès. A tel point qu’en 1825, avec une nouvelle réglementation sur la vente des concessions apparaît l’obligation de soumettre son projet de monument et le texte des épitaphes à graver.

(Article écrit en août 1998. Ajouts en 2021))

Alain MOYAT

(Sources diverses dont le petit ouvrage sur le cimetière rédigé par Charles Sarrazin)