Léon Chavalliaud: un sculpteur plus connu Outre Manche qu’à Reims

Inhumé au cimetière du Nord, Léon Chavalliaud (1858-1919) est un sculpteur connu sans le savoir des visiteurs de la nécropole où plusieurs de ces oeuvres décorent plusieurs tombes (Censier, abbé Deglaire, Etienne Robert). Malheureusement cet artiste reposant dans le 8 ème canton est moins connu des Rémois que des Anglais qui lui ont confié durant quinze ans la réalisation de nombreuses oeuvres.

Léon Joseph Chavalliaud (1858-1919)

Fils d’un aubergiste de Mourmelon et onzième d’une fratrie de quatorze enfants, Léon Joseph Chavalliaud né à Reims le 29 janvier 1858 commence son apprentissage à l’âge de quatorze ans. Apprenti modeleur-mouleur sur le chantier de la cathédrale, très doué, il bénéficie d’une bourse municipale et entre aux Beaux-Arts à Paris. Elève de Falguière, de Jouffroy puis de Louis Auguste Roubaud, il se fait remarquer par son talent de sculpteur. Il travaille en 1880 sur les cariatides de la façade de l’hôtel de ville de Reims (détruites lors d’un incendie survenu en 1917). Réalise quelques sculptures sur la façade de l’hôtel Georget, 43, rue de Talleyrand.

Deuxième second prix de Rome

« Tobie retirant le poisson »

Participant en 1886 au grand prix de Rome sur le thème: « Tobie retirant le poisson », il obtient le 2ème second prix. Si le palmarès le déçoit, le travail de Chavalliaud a séduit Mme Pommery qui lui commande un buste et lui finance aussi un voyage en Italie où il s’imprègne des oeuvres des grands maîtres.

Pour le consoler de son (seulement)2ème grand prix de Rome, Mme Pommery lui commanda un buste. Il fera aussi celui de Henri Vasnier et de Melchior de Polignac

Sollicité pour le monument de la Fédération Bretonne-Angevine

la sculpture de bronze: « le serment des volontaires »
« Le génie de la liberté » »en bronze préalablement réalisé par Le Goff avant sa mort a été détruit en 1938 par des autonomistes bretons

Appelé à Pontivy (Mayenne) suite au décès du sculpteur Joseph Le Goff en 1890, choisi pour réaliser le monument de la Fédération bretonne angevine (1), Léon Chavalliaud réalisera un motif en bronze intitulé : « le serment des volontaires. »Le monument aux morts et commémoratif fut finalement inauguré en 1894.

Quinze années de sculpture en Angleterre

Sollicité pour quelques commandes par des britanniques appréciant ses sujets toujours très ressemblants, Léon Chavalliaud part en 1892 en Angleterre. Il y résidera quinze ans dans le quartier de Brixton à Londres. S’il expose à la réputée National Gallery et à la Walker& Brindley de Liverpool, il gagne sa vie en réalisant des monuments pour les cathédrales de Winchester, Lincoln, Ely et plusieurs églises. Il sculpte des portraits de personnalités: Ewart Gladsone et Lord Roberts, des hommes politiques ainsi que des tombeaux de personnalités . Impressionnante aussi la réalisation de huit statues de marbre pour le Conservatoire de botanique de Liverpool dont celles de Christophe Colomb, du Capitaine Cook, Le Nôtre, Darwin et Parkinson.

Six des huit statues de bronze réalisées par Chavalliaud pour le conservatoire de botanique de Liverpool

Vainqueur d’un concours devant 21 artistes à Londres

En l’honneur de la tragédienne Sarah Siddons, une sculpture encore visible dans un parc londonien

Deuxième grand « prix de Rome », ce qui l’avait fort contrarié, Chavalliaud eut sa revanche à … Londres. Il remporta en effet en 1897 un concours organisé pour immortaliser une célèbre artiste ,  la tragédienne Sarah Siddons dont la statue est toujours dans le parc de Paddington Green de Londres.

Un Dom Pérignon inspiré par son papa!

Dom Pérignon aurait le visage du père de Chavalliaud!

De retour à Reims en 1907, le sculpteur auquel les membres de l’Académie nationale de Reims avaient remis une médaille d’or l’année précédente immortalise le célèbre champenois Dom Pérignon pour l’abbaye d’Hautvillers. On rapporte que pour réaliser l’inventeur du champagne il s’inspira de la figure de bon vivant de son papa!

On retiendra enfin que le sculpteur rémois (marié à  Marie Julienne Rousseau) et décédé le 5 février 1919 immortalisa aussi plusieurs autres personnalités rémoises dont le Dr Langlet et Charles Arnould, tous deux maires de Reims.

(1) Sur le monument on peut lire: « A la glorieuse mémoire des jeunes volontaires et des représentants de Bretagne et d’Anjou qui se fédérèrent à Pontivy les 15 janvier et 15 février 1790 pour adhérer solennellement à la Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen pour serrer les liens d’une amitié fraternelle, proclamer leur nationalité française et affirmer l’unité de la patrie.« 

Alain MOYAT

Sources: Grandes marques et Maison de Champagne; les rues de Reims par Jean-Yves Sureau, wikipedia, https://www.geocaching.com/geocache/GC6GV5Z_leon-chavailliaud?guid=ea9ba873-9ba3-4507-88b7-ad91949f0907

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