l’abbé Pierre Charlier fondateur de l’orphelinat de Béthléem

Document : la vie rémoise d’Eugène Dupont

L’abbé Pierre Charlier a bien mérité d’avoir sa tombe à perpétuité dans le canton 9 du cimetière du Nord. Sensible à la situation dramatique dans laquelle vivaient les orphelins de son époque, il a créé en 1837 l’orphelinat de Béthléem qui continue son action en faveur des mineurs en difficultés depuis 1966 dans l’établissement laïc du Foyer Saint-Rémi .

Un généreux ardennais

Né en 1804 dans la commune ardennaise de Flaigne les Oliviers (aujourd’hui Flaignes-Havys )Pierre Charlier devenu prêtre pour aider son prochain commença son action dans la paroisse de Bétheny. C’est en devenant aumônier de l’Hôtel Dieu qu’il fut particulièrement ému par les conditions dramatiques des orphelins chétifs et souffreteux confiés par l’administration des hospices à des familles rémunérées .

En 1835 il aurait fondé une école d’apprentissage près de l’église Saint Remi , école qui se serait déplacée rue Carrouge puis rue Chanzy.

En 1837, grâce au produit d’une souscription publique lancée avec des actions vendues dans la presse et sur le conseil du cardinal Thomas Gousset, il crée rue Jacquart une oeuvre de protection et d’enseignement des orphelins: l’orphelinat de Béthléem ouvert aussi aux enfants abandonnés par leurs parents et aux jeunes délinquants. Le but: donner aux enfants des familles pauvres une éducation chrétienne et des travaux manuels.

Il s’agissait à l’origine d’un terrain de 5 hectares dont quatre hectares de jardin. Sur le reste création de salles de classe, d’études et de dortoirs. Les enfants âgés de 13 ans étaient envoyés chez les industriels.

« Ayant obtenu le statut de « père nourricier » il dit aux enfants: « vous n’êtes plus sans famille. Vous avez un nom. On vous appellera « les enfants Charlier. »

En 1843 l’établissement connu une épidémie de typhoïde. Sur les 80 pensionnaires de l’orphelinat, 70 furent touchés et 15 moururent.

Pour toute son oeuvre, il fut décoré en 1857 chevalier de l’ordre impérial de la Légion d’honneur et put bénéficier pour ses subsides des bourses Napoléon.

En 1919 l’établissement de la rue Fery tenu par des religieuses de la congrégation Saint-Vincent de Paul s’est vu confier l’orphelinat de garçons.

En 1966 l’association laïque :Foyer Saint-Remi prit le relais. Son but: être une maison de l’enfance à caractère social pour accueillir les mineurs en difficultés.

Salué par l’Académie de Reims

L’académie de Reims ayant choisi l’éloge de cette belle création pour sujet d’un de ses concours, de nombreuses pièces de vers lui furent adressées. Celle qui fut couronnée avait pour épigraphe :

L’œuvre….. c’est l’homme .
Le poète raconte ainsi les humbles commencements de Bethléem :
La veille de Noël mil huit cent trente-sept,
Le soir, dans une grange, et presque sans lumière
Un prêtre et cinq enfants adressaient leur prière
À ce Dieu des Chrétiens, qui du haut de sa croix
Priait pour notre monde et celui d’autrefois…
C’étaient l’abbé Charlier et ses premiers pupilles !…
Bethléem !
Trois fois il t’a fallu changer de domicile
Avant de pouvoir dire : «  Ici, je suis chez moi,
Libre, chéri de tous, protégé par la loi ».
Et pour finir l’auteur s’écriait :
O Rheims ! qu’à l’avenir le présent fasse envie !
Bethléem est à toi, c’est ton œuvre …. et  tu sais
Que si l’on peut compter tous les jours de sa vie
Dieu seul… du bon Charlier peut compter les bienfaits 

Source: la vie rémoise ( 1865-1868) d’Eugène Dupont. L’Académie de Reims.

Alain MOYAT

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