Lié Louis Périn, miniaturiste, portraitiste

A l’état d’abandon au cimetière du Nord, sa sépulture à perpétuité a été reprise par la ville en 1978. Mis à l’honneur par le musée des Beaux-Arts qui présente une exposition en son honneur au Musée Le Vergeur (expo victime de la Covid en 2020/2021), le rémois Lié Louis Périn (1753-1817), miniaturiste, portraitiste mérite d’être connu.

Quelques miniatures de Lié Louis Périn

Pas question de devenir curé ou d’être fabricant de laine comme son père et ses cinq frères et soeurs . Séduit par les cours gratuits du rémois Jean-François Clermont, Lié Louis Périn, lui, veut devenir artiste. Pour celà, il se rend à Paris où il découvre les ateliers de Sicard et Lemonnier, et découvre sa vraie vocation de miniaturiste chez Alexander Roslin .

Dans une période (La Terreur)où la vie ne tient qu’à un couperet de guillotine, beaucoup veulent laisser un souvenir à leurs proches. Alors Périn gagne sa vie en réalisant dans les salons et jusque dans les prisons des miniatures (petits portraits à la gouache)sur de l’ivoire, du velin, du carton et des petits objets: broches, bracelets, bagues, ceintures. Fin, élégant et précis, son travail l’enrichit et lui confère une belle notoriété.

Portraitiste et opportuniste

Peintre de chevalet le Rémois réalise aussi des portraits en pied de personnalités: le sculpteur Houdon, la duchesse de la Rochefoucauld, la duchesse d’Orléans etc. On lui attribuera même bien longtemps après sa mort un portrait de la reine Marie Antoinette intitulée « la petite reine » qui n’était en réalité que la représentation de Justine Philippine Elisabeth Justine de France, 8 ème enfant de Louis XV et de son épouse Marie Leszczynka.

Durant une longue période on a cru que ce portrait intitulé « la petite reine » de Périn était celui de Marie Antoinette. Il s’agissait en fait après expertise de la huitième enfant de Louis XV
Pour faire parler de lui il peint une célèbre courtisane surnommée « la demoiselle du thé! »

Exposés plusieurs fois aux Salons organisés par les artistes de l’Académie royale, les portraits de Périn jugés « de qualité modestes avec des poses raides »ne font pas un tabac. Qu’à celà ne tienne, le Rémois fait parler de lui en réalisant deux portraits d’une courtisane à la mode: Rosalie Gérard Duthé, surnommée « la demoiselle du Thé », maîtresse du comte d’Artois. Il peint d’elle un portrait en pied de plus de deux mètres de haut et un plus petit où elle est nue.

« Mais la Révolution lui enleva le fruit de ses travaux, lorsque la conversion en papier-monnaie rendit bientôt la petite fortune, qu’il avait acquise, sans valeur. »

De retour à Reims

Anne Félicité Salbreux, peinte par son mari Lié Louis Périn

Presque ruiné, l’artiste père de deux enfants revient en 1799 à Reims où son épouse Anne Félicité Salbreux relance une manufacture d’étoffes tandis que lui, au fil de ses rencontres réalise le portrait de personnalités Rémoises et Lyonnaises.

Son fils Alphonse Henri Périn peintre, architecte et historien est l’auteur, en 1833, des peintures murales de la chapelle de l’Eucharistie de l’église Notre-Dame-de Lorette  à Paris.

Lié Louis Périn est mort d’une apoplexie en 1817.

Source; Catherine Delot, musée de Reims, musée de Tous, Wikipédia,

Alain MOYAT

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