René Richard Louis Castel, poète et naturaliste, ami du comte Louis de Chevigné

Sur la tombe on peut lire un extrait du « poème des plantes »: « C’est lui qui le premier sur le mont poétique à la cour des neuf soeurs mena la botanique »
« Si de mon sang trop froid les débiles esprits
n’osent tenter l’accès des célestes lambris
Je suivrai les ruisseaux: au pied d’un roc sauvage
du rossignol caché j’entendrai le ramage
murmurantes forts, ombrages ravissants,
Vous serez mon amour et l’objet de mes chants. »

Abimée par la pluie, salie par la pollution, sa tombe se délite tout doucement mais inexorablement dans le canton 2. Déjà éloigné de son Calvados natal, René Richard Louis Castel (1758- 1832)mort du choléra à Reims peut se consoler, inhumé pas très loin de son élève et ami le comte Louis de Chevigné, époux de la fille de la Veuve Cliquot.

René Richard Louis Castel à la fin de sa vie. Portrait à l’huile de Louis Germain

Rien ne prédestinait René Richard Louis Castel à finir ses jours à Reims. Né à Vire d’un père directeur de la Poste, le Normand aurait dû suivre les destinées de son père après de longues études au lycée Louis Le Grand à Paris.

Premier maire de Vire

Passionné de nature et de botanique, Castel nommé procureur syndic avant la Révolution, (c’est à dire magistrat chargé d’assurer le lien entre le pouvoir exécutif et les administrations)entre en politique. Marié en 1783 à Angélique Dehieu; favorable à la Révolution; il devient le premier maire de Vire dont il occupe les fonctions de février à juillet 1790. Avec 214 voix sur 413 Il est ensuite élu le 10 septembre 1791 député du Calvados à l’Assemblée Nationale législative et siège chez les constitutionnels modérés . Mais défenseur de la monarchie et de la royauté, hostile à la folie violente qui s’est emparée de la France, il est exclu des Jacobins. Fini la politique. Il ne se consacrera plus qu’à ses vraies passions, la poésie et la nature.

Editeur et auteur

De 1793 à 1803 il édite une version adaptée de l’histoire naturelle de Georges Louis Leclerc comte de Buffon selon la classification de Lunné (1)

En 1797 Castel publie d’abord « Les plantes » une longue série de poèmes lyriques mais très documentés scientifiquement. L’ouvrage est divisé en autant de Chants que de saisons. Il consacre le printemps à l’entretien du jardin; l’été à l’arrosage et au célèbre éclat des plantes à leur maturité; l’automne aux champignons et l’hiver au travail de la serre. Chaque chapitre est suivi d’une nomenclature linnéenne des espèces évoquées (1).L’ouvrage sera traduit en six langues dans toute l’Europe.

En 1801 il publie : « l’histoire naturelle des poissons »illustrée par Bloch avec des figures dessinées d’après nature.

Nommé professeur des belles lettres au collège Louis le Grand en 1803 il donnera le goût de la poésie à de nombreux élèves dont le jeune orphelin Louis le comte de Chevigné avec lequel il entretiendra à partir de 1813 et jusqu’à sa mort une importante correspondance intitulée: « Lettres de René Castel au comte « Louis de Chevigné, son élève et ami ».

Inspecteur général de l’université en 1809, il apprendra en 1815 sa révocation par le journal « Le Moniteur ». Il terminera tout de même inspecteur de l’école royale militaire où il exercera de 1816 à 1818.

Entre temps, sa passion pour l’écriture l’a amené à écrire un opéra en trois actes en 1813 intitulé: « Le prince de Catane », d’après « l’éducation d’un prince » de Voltaire.

C’est finalement est à Reims que le poète Castel peut vivre sereinement sa retraite, invité par le Comte Louis de Chevigné (fameux auteur des « Contes rémois ») dans son somptueux hôtel de la rue Cérès.

La statue de Castel fiancée par le Comte Louis de Chevigné a d’abord décoré les jardins du château de Boursault avant d’être léguée à la ville de Vire

L’estime entre ces deux poètes était si grande que le comte Louis de Chevigné finança la tombe de René Richard Louis Castel au cimetière du nord de Reims avant de faire réaliser par le statuaire Jean Baptiste Joseph Debay une statue de bronze de son professeur qu’il installa d’abord dans les jardins de son château de Boursault avant de l’offrir à la ville de Vire en 1862.

Si la ville de Reims n’entretient pas plus que celà la tombe de Castel, le poète et botaniste a donné son nom à une place à Vire et à un Ehpad à la Valdallière (Calvados)

Source BNF Gallica, Castel par François Cazin et Jean Porquet, canalblog de Davis Shenandoah, wikipedia.

Alain MOYAT

(1)En 1735, Carl von Linné (1707-1778) publie le premier essai de classification systématique des trois règnes minéral, végétal et animal. Son Système de la nature divise les animaux en six groupes (quadrupèdes, oiseaux, amphibiens, poissons, insectes, vers), déterminés en fonction d’organes spécifiques : dents, bec, nageoires ou ailes. La dixième édition, de 1758, généralise le système de nomenclature binomial avec un double nom latin, générique et spécifique, pour chaque espèce.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s