étienne robert, l’infatigable organiste

Buste original d’Etienne Robert immortalisé par le sculpteur Chavalliaud. (photo 1998)

Article publié dans l’union en Août 1998 et réactualisé en 2021

Modelé par le célèbre sculpteur Chavailliaud, le buste du musicien Etienne Robert visible dans le canton 22 a déjà bien vieilli. Dégoulinant de la calotte de l’artiste, l’oxyde de cuivre a déjà bien mangé le front et le nez de l’octogénaire qu’il immortalise.
Il gagne maintenant la moustache et la barbe. Mais vous ne le verrez pas. Pour éviter que ce buste en bronze ne soit volé comme bien d’autres, la ville l’a enlevé et aujourd’hui remplacé (voir plus loin le nouveau buste visible en 2021)

Sur le socle, l’empreinte d’une croix disparue. Pas de quoi affoler cet homme doué, doté d’une merveilleuse oreille et qui consacra sa vie à la musique.
Rémois né le 16 août 1816 dans l’impasse des Capucins, Etienne Robert se passionne vite pour la musique. Ce serait à l’âge de 9 ans, alors qu’il était enfant de chœur en l’église Saint Jacques qu’il s’assoit pour la première fois au petit orgue. A peine cinq ans plus tard sur concours il gagne le droit de jouer sur le petit orgue de la cathédrale Notre-Dame de Reims. Et il commence à chercher des élèves à 7 sous et demi l’heure.

Soliste il se passionne aussi pour les plus grandes formations. Après avoir remplacé Hormille à la direction de la Philarmonique il en devient l’unique chef d’orchestre en 1844.

Le buste a été enlevé et remplacé par une copie pour ne pas qu’il soit volé

Doué, Etienne Robert est aussi travailleur, très travailleur. Il impose quatre répétitions de deux heures par semaine. Qu’importe le manque de sommeil, les problèmes de santé. L’artiste prend aussi la tête de la musique des chasseurs à cheval de la Garde Nationale et de la fanfare du Collège royal. Il se produira partout en ville: à Saint-Remi, pour la messe dite de « Clovis »de Charles Gounod interprétée à l’occasion des fêtes anniversaires du baptême de Clovis et de l’inauguration de la nouvelle châsse abritant les ossements de Saint Remi. Il se produira aussi en 1870 dans l’hôtel particulier de Mme Pommery, rue Vauthier-le-Noir.
Déçu par l’accueil qu’ont fait les Rémois à Franz List (qui par ailleurs se produisit pour la Grande loge locale), Etienne Robert lui fait une aubade sous les fenêtres de l’hôtel du Moulinet. Nous sommes en 1845.
Les années passent. L’organiste commence à être contesté, c’est humain et classique. Il démissionne de son poste de la cathédrale en 1878. Donne son bâton de chef d’orchestre à son élève favori: Ernest Lefèvre Dérodé.
Il est mort subitement le 29 septembre 1896 à l’âge de 80 ans, alors qu’il se trouvait près de chez lui, Place Clovis,

Etienne Robert lègue sa maison à la ville, 2.000F pour fonder deux lits en faveur des musiciens à la maison de retraite, 18.000F pour les hospices, 2.400 F pour les écoles primaires où il y a des cours de solfège et 1.000F à l’orphelinat des enfants de Saint-Remi.

(Photo A.M.2021)

Aujourd’hui le buste d’Etienne Robert (1816-1896), maître de chapelle de la cathédrale a certes perdu son oxydation en devenant copie, mais pas son regard profond.

Alain MOYAT

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